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mardi, 27 janvier 2026 14:30

Attaché, un cor(ps) au pied de la DGAFP ?

CadreLa DGAFP, « DRH groupe de l’État employeur » depuis 80 ans, conçoit et met en œuvre « une politique d’ensemble de la fonction publique dans le domaine des ressources humaines ».

À ce titre, pour le corps des attachés d’administration de l’État (AAE), elle a produit ce mois-ci au CSFPE (Conseil supérieur de la fonction publique de l’État) un bilan de la gestion du CIGEM (corps interministériel des attachés de l’administration de l’État – décret n°2011-1317) qui met en lumière un désintérêt flagrant pour ce corps.

 

Qu’indique-t-il exactement ?

Le bilan fait état d’un corps en souffrance, sans mesure catégorielle depuis 2012, aux carrières et mobilité bloquées, aux conditions d’avancement de grade très restrictives, subissant un tassement des grilles indiciaires, concurrencé par les corps techniques et les contractuels.

Les vrais cadres de l’administration de l’État disparaissent.

 

Plus précisément, au 31 décembre 2023 (malgré des remontées incomplètes de ministères – à noter que les RSU de nos ministères ne font qu’un amalgame illisible de tous les A qu’ils parviennent à identifier... -, la DGAFP indique :

  •  Le CIGEM compte 39 751 agents (soit 1,6 % des effectifs de la FPE), majoritairement des femmes (64 % des effectifs, avec une féminisation toujours en hausse) et sur le 1er grade (56,6 % du corps).
  •  La majorité de ces agents est à l’éducation nationale (33 %) et à l’intérieur (24 %).
  •  Le corps se renouvelle peu : entre 2015 et 2023, l’âge moyen dans le 1er grade est passé de 40 à 47 ans (de 47 à 51 ans dans le 2e grade et de 50 à 56 ans dans le 3e grade) ; 4 agents sur 10 qui rentrent dans le corps le font par détachement ou intégration.
  •  En 2023, la mobilité interministérielle n’a profité qu’à moins de 4 % de ses effectifs.
  •  Le taux de promotion au 2e grade est de 7 % (11 % dans le corps technique) et celui au 3e grade est d’un peu plus de 5 % (baissant de 33 % entre 2015 et 2023). Il est enfin de 9 % pour l’accès à l’échelon spécial.
  •  Le traitement brut indiciaire plancher d’un attaché (IM395) est 8 % au-dessus du SMIC.

Pas de quoi donner envie donc, alors que les besoins en attachés sont pourtant là. Progressivement, le corps semble s’être transformé en cor aux pieds de la DGAFP...

Cette dernière a fait une automédication au CSFPE : elle propose de piloter un « collège des AAE », d’adopter des orientations générales interministérielles propres aux AAE (promo, mobilité, carrière, RIFSEEP), de relever le taux de promo au 2e grade, de supprimer le contingentement et de défonctionnaliser l’accès au 3e grade, de linéariser l’accès à l’échelon spécial, de réfléchir sur les grilles indiciaires et enfin de rénover les conditions d’accès et d’occupation des emplois fonctionnels.

Des mesures que nous appelons pour certaines depuis des années et que nous continuerons à revendiquer en nous appuyant sur ce bilan catastrophique de la DGAFP !