Il en aura fallu du temps et de l’énergie pour voir sortir des mesures en faveur de notre corps… Avant d’en arriver à ces nouvelles mesures et à celles qui sont toujours en attente, petit retour en arrière.
D’un bilan catastrophique sur l’état de notre corps, à des mesures de revalorisation interministérielles que nos ministères devront rapidement mettre en œuvre
De la publication d’un bilan faisant un état des lieux catastrophique de notre corps ...
On aurait pu croire, quand la DGAFP a sorti, en janvier dernier, son bilan de la gestion du CIGEM (corps interministériel des attachés de l’administration de l’État – décret n°2011-1317) mettant en lumière un désintérêt flagrant, tout ministère confondu, pour notre corps en souffrance et proposant des mesures correctives, qu’il ne s’agissait que d’un énième bilan qui finirait en bloque porte écologique (voir notre article du 27 janvier 2026, « Attaché, un cor(ps) au pied de la DGAFP »).
Mais ce ne fut pas le cas et c’est une évolution que le Syndicat national des Attaché(e)s salue.
… À la prise de mesures interministérielles pour le revaloriser.
Il y eut tout d’abord en mars, la publication au journal officiel de l’arrêté du 24 mars 2026 fixant les taux de promotion au grade d’attaché principal d’administration, permettant de faire passer ce taux, bloqué à 7 %, à 10 % au titre de l’année 2027 puis à 12 % à compter de l’année 2028 (voir notre article du 27 mars 2026, « Plus de promotions pour les attaché(e)s »).
Puis il y eut, la publication :
- du Décret n° 2026-388 du 19 mai 2026 modifiant le statut particulier du corps interministériel des attachés d'administration de l’État, prévoyant la création d’un collège des attachés d'administration de l’État (nouvelle instance de gouvernance de notre corps) ainsi que le décontingentement et suppression de l'accès fonctionnel au troisième grade du corps.
La mise en œuvre de ce décret s’est traduite, par la publication, le même jour au journal officiel, de deux arrêtés :
- l’arrêté du 19 mai 2026 fixant les taux de promotion au grade d'attaché d'administration hors classe, faisant passer ce taux, bloqué à 4 % à 8 % en 2027 puis à 10 % en 2028 (annonce faite au CSFPE du 17 mars, voir notre article du 20 mars 2026, « Hausse des taux de promotions pour les attaché(e)s : enfin ! »).
- l’arrêté du 19 mai 2026 fixant la composition et les modalités de fonctionnement du collège du corps interministériel des attachés d'administration de l’État.
Concrètement, ça donne quoi dans nos ministères ?
Tout repose à présent, sur la mise en œuvre par la DRH (correction des fiches techniques pour la campagne de promotion 2027...) et notre vigilance collective.
Le Syndicat national des Attaché(e)s poursuit son travail et conseille également à tous les attaché(e)s, au besoin avec son appui, de se rapprocher rapidement de leur hiérarchie afin d'évoquer avec elle leur évolution vers le grade supérieur.
Pour autant, le compte n’y est toujours pas.
Toutes les mesures préconisées par la DGAFP pour revaloriser notre corps n’ont pas été prises…
Les mesures correctives ne sont pas allées jusqu’au bout de la logique de revalorisation du corps :
- l’accès aux échelons spéciaux de la hors classe des attachés reste inchangé,
- pas d’adoption d’orientations générales interministérielles propres aux AAE (promo, mobilité, carrière, RIFSEEP),
- pas de réflexion sur les grilles indiciaires,
- pas de rénovation des conditions d’accès et d’occupation des emplois fonctionnels.
… Peut-être qu’elles viendront du collège nouvellement constitué
L’arrêté du 19 mai précité, relatif au collège du corps interministériel des attachés d'administration de l’État, prévoit en son article 1er que ce « collège peut convier toute personne qualifiée en raison de sa compétence ou de ses fonctions ».
Gageons qu’il saura convier vos organisations syndicales pour remplir efficacement ses missions dans l’intérêt de notre corps, lesquelles sont pour rappel :
- contribution à l’harmonisation de la gestion du corps par les ministères,
- participation à la GPEC du corps,
- veille sur la cohérence interministérielle des orientations en matière de rémunération,
- émission de recommandations dans les LDG pour l’avancement de grade,
- proposition d’évolution des conditions de gestion du corps.